Après une année passée sans aucune édition nouvelle, le Stunfest, l’événement rennais du jeu vidéo est de retour. Nous avions entendu beaucoup de bien de cette initiative et c’est en simples visiteurs que nous nous sommes rendus sur place durant le week-end du 18 au 20 mai 2018.

Mise-à-jour du 30 mai 2018 : D’après le dernier article du Monde / Pixels sur le sujet, nous apprenons que l’événement fait face à de grosses difficultés financières suite à l’édition 2018 qui n’a pas atteint les objectifs escomptés. Nous leur souhaitons de réussir leur entreprise de convaincre le maximum de personnes (physiques ou morales) quant à l’intérêt d’une telle manifestation pour les années à venir. Aussi singulier qu’il soit, le Stunfest est un événement nécessaire à la culture du jeu vidéo et aux joueurs. C’est la variété de l’offre d’événements qui montre à quel point les jeux vidéo peuvent revêtir plusieurs formes et pas que celles représentées par les blockbusters des fêtes de fin d’année. Allez on ose : avec un peu d’avance, vive le Stunfest 2019 ! 

Qu’est-ce que le Stunfest ?

 

C’est maintenant l’une des plus importantes rencontres du jeu vidéo en France, notamment pour les férus de jeux de combat. Au programme du festival : tournois internationaux, conférences thématiques, concerts et speedruns (performances live quant au fait de compléter tel ou tel jeu le plus rapidement possible.) L’association 3 Hit-Combo avait lancé l’initiative en 2005, depuis le festival n’a pas cessé de grandir depuis et sa réputation aussi. C’est encore plus le cas notamment depuis 2015 où l’annonce de son financement participatif lui avait donné une belle exposition médiatique et un soutien affirmé de média spécialisés francophones. Cette année comme en 2016, le Stunfest a pris place au Liberté, un espace dédié aux spectacles et aux concerts en plein cœur de la ville de Rennes.

 

 

Bref tour d’horizon

 

Première surprise en arrivant sur place le vendredi après-midi, l’entrée est déserte et nous entrons très facilement au Stunfest. Après l’habituel contrôle de sécurité et la récupération du bracelet de festival, nous accèdons à une zone extérieure équipée de chapiteaux où sont abritées des bornes qui vont du jeux sur bornes d’arcade aux expériences originales, en passant par des jeux en réalité virtuelle. Peu de monde par là aussi, tout est facilement accessible, ce qui est à la fois agréable et étonnant. Plus loin dans le complexe, on atterrit sur les premiers stands placés dans les couloirs attenants à la grande salle principale. Et à part un stand estampillé Orange, aucun sponsor ne semble avoir pignon-sur-rue et ce n’est pas plus mal.

 

Plus loin derrière des portes battantes, la grande scène est accessible avec plusieurs sièges disponibles tout autour et les fameux transats qui donnent une vue imprenable sur l’écran géant placé derrière les compétiteurs et les présentateurs qui font le show. Tout autour dans les coursives, d’autres bornes d’arcade sont à découvrir ou redécouvrir. Enfin derrière la grande scène, il y a l’espace dédié au tournoi qui nécessite un accès spécifique. Le monde y est un peu plus compact, stars du jeu de combat et e-sportifs du dimanche s’y côtoient pour des matchs amicaux ou de compétition. On retrouve des écrans et des bornes partout ainsi que des animateurs et casteurs pour encadrer cet événement.

 

 

Un salon des « indés »

 

Si la scène e-sportive n’est pas votre tasse de thé, vous pouvez vous laisser tenter par les autres activités proposées aux abords de l’arène principale. Des dizaines de développeurs indépendants exposent leurs jeux, de quoi découvrir ces pépites qui ont du mal à trouver leur place dans la presse spécialisée. Là aussi une programmation scénique était prévue ainsi que des récompenses pour les jeux les plus significatifs.

 

J’ai par ailleurs passé quelques bonnes minutes sur Hyperun, une sorte de jeu de course minimaliste, futuriste et ultra rapide avec des virages angulaires et qui récompense la prise de risques. La moto qui vous est proposée avance automatiquement et accélère au fur et à mesure que vous passez sur les boosters jonchés sur le sol. Grisant. Un autre jeu plutôt cool aussi et à noter, c’est Skybolt Zack. Un projet étudiant à l’origine qui est donc un jeu de plate-formes action, croisement entre un Rocket Knight Adventures et un jeu de rythme. Deux jeux qui ne sont pas nouveaux dans le paysage indé mais toute exposition est bonne à prendre.

 

 

« Dommage, il n’y a pas Fortnite ! »

 

Enfin le Stunfest proposait également son lot de conférences thématiques et des concerts (expérimentaux et atypiques aussi) en soirée. D’ailleurs c’est la première fois qu’il m’ait été donné de participer à une manifestation videoludique qui s’interrompt si tard le soir. On passe allègrement une heure du matin, avec toujours des gens pour animer les couloirs avec des expériences diverses et variées et ça c’est vraiment cool !

 

 

Par contre c’est tout sauf un événement grand public. Rien, sinon pas grand chose n’est fait pour accueillir les nouveaux joueurs et les néophytes. Moi qui était convaincu que l’événement avait une aura qui attirait familles avec enfants, c’est pas tout à fait le cas. Certes il y avait quelques parents joueurs ou bien de jeunes joueurs accompagnés, mais cela restait une image très rare. Par ailleurs le Stunfest est une manifestation très masculine (90 à 95% des visiteurs), autour de 25 ans, connaisseur et profondément « geek. » Pas de place pour des jeux grand public comme Just Dance ou  des jeux d’action à succès comme Fortnite : j’ai entendu un jeune joueur dire à son ami « Dommage, il n’y a pas Fortnite ! » tout en jouant à Dragon Ball FighterZ. Le Stunfest est l’anti-Paris Games Week : un événement à taille humaine qui n’est pas mené par les dernières grosses nouveautés et qui est le refuge des joueurs hardcore et nostalgiques. J’y ai d’ailleurs eu le plaisir d’y croiser quelques membres de Loisirs Numériques et ça c’est signe d’une manifestation qui séduit.

 

Les plus et les moins

 

  • + Un événement par et pour les fans de jeux de combat, de bout-en-bout
  • + Une vraie place faite aux indépendants du jeu vidéo et aux associations locales
  • + Il est très facile de circuler, de jouer et de discuter avec des développeurs
  • + Un staff agréable, authentique, accessible
  • + Le jeu vidéo pour les connaisseurs et les bidouilleurs…
  • — … Et donc quasi-inaccessible pour les néophytes
  • — Le côté bordélique et fourre-tout peut perturber
  • — Pas de vrai gros show sur la grande scène en dehors des phases finales de tournoi et performances de type Speedruns
  • — Le mâle est partout et rien n’est fait pour casser cette image
  • — C’est un peu cher pour un événement non parisien : il faut compter environ 47€ pour 3 jours et la participation à un tournoi

 

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Stunfest 2018 à Rennes : on y était !
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